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À 40 ans, j’ai changé de pilule. Ma gynéco m’avait prévenue que les premières semaines pourraient être un peu instables, que mon corps allait s’adapter. Ce qu’elle ne m’avait pas dit, c’est que « s’adapter » pouvait vouloir dire passer plusieurs mois avec des boutons profonds sur le menton qui mettaient trois semaines à partir et laissaient des marques rouges qui, elles, restaient beaucoup plus longtemps.
Ma première pilule a déclenché des migraines. J’en ai changé. Ma peau a recommencé à zéro. Même boutons menton. Sur plusieurs mois, j’ai appris à éviter à ne pas regarder mes photos de face, à dire « c’est juste hormonal » comme si le mot « juste » rendait la chose moins visible sur mon visage.
J’ai eu l’impression d’être hors-sujet. D’avoir un problème d’adolescente à un âge où on est censée avoir réglé ça, où les gens autour de vous imaginent que vous avez forcément une routine soin rodée et que vous savez ce que vous faites avec votre peau.
J’ai cherché des témoignages. Des femmes dans la même situation : la quarantaine, un changement de contraception, une peau qui réagit. Ce que j’ai trouvé : des forums d’adolescentes, des articles qui ouvraient sur « l’acné touche principalement les 15-25 ans », des routines conçues pour des peaux grasses avec de l’acné inflammatoire généralisée. Rien qui ressemble à mes boutons hormonaux femme de 40 ans.
L’acné hormonale adulte a ses propres caractéristiques. Elle se loge plutôt sur le bas du visage, le menton, la mâchoire. Elle suit des cycles. Elle réagit au stress et à la fatigue. M
À force de ne rien trouver qui nous ressemble, on finit par intérioriser qu’on est une anomalie. Que les autres gèrent mieux. Que si personne n’en parle, c’est que personne n’en a, ou que tout le monde a trouvé comment régler ça discrètement. C’est faux : 80 % des gens ont de l’acné au moins une fois dans leur vie.
Il y a une dimension professionnelle que je n’avais pas anticipée. En réunion, je pensais à mes boutons.
On ne se cache pas, mais on ajuste. On choisit les angles, les lumières, les moments où on active la caméra en visio. On développe une conscience très précise de son propre visage qui prend de l’énergie sans qu’on s’en rende vraiment compte.
Ce que j’aurais voulu savoir plus tôt : cette acné-là est temporaire dans la plupart des cas. Quand le corps se stabilise hormonalement, que ce soit après un changement de contraceptif, une grossesse, ou une autre période de transition, la peau finit par suivre. Ça ne rend pas les mois d’attente plus courts, mais ça change le rapport à ce qu’on traverse.
J’ai reçu le brief de Skin & Out pour leur 5ème édition du Mois du Bouton. Le principe : chaque juin depuis 2022, la marque organise un mois autour de la sensibilisation à l’acné : information, témoignages, pétition pour une meilleure représentation des vraies peaux dans les médias.
La marque choisit de montrer l’acné à tous les âges, sous toutes ses formes, parce que l’acné ne se résume pas à l’image qu’on en a.
Si vous voulez relayer : la vidéo-manifeste est à partager avec la phrase « Tout le monde a des boutons », le hashtag est #normalisonslacne. La pétition pour une meilleure représentation dans les médias est accessible via le lien en bio de Skin & Out sur Instagram.
Et si vous avez traversé ou traversez une période d’acné hormonale adulte, changement de pilule, post-partum, périménopause, autre chose, vous n’êtes pas hors-sujet. C’est juste que personne n’en parle assez.