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Il y a des dizaines de labels sur les vêtements. Certains garantissent quelque chose de précis et de vérifiable. D’autres sont du marketing habillé en certification. Entre les deux, il y a des labels sérieux mais incomplets, qui certifient un aspect du produit sans rien dire sur les autres.
Avant de faire confiance à un logo sur une étiquette, une question : qu’est-ce que ce label certifie exactement ? La réponse change tout.
GOTS, Global Organic Textile Standard, est le label le plus complet du marché textile. Il certifie deux choses simultanément : que les fibres utilisées sont issues de l’agriculture biologique certifiée, et que les conditions de travail tout au long de la chaîne de production respectent les conventions de l’Organisation internationale du travail. Salaires décents, interdiction du travail des enfants, droit à l’organisation syndicale.
La plupart des labels textiles certifient l’un ou l’autre. GOTS certifie les deux. C’est pourquoi il est souvent cité comme référence. Un vêtement labellisé GOTS a été fabriqué à partir de coton, lin ou laine biologique, dans des ateliers audités sur les conditions sociales. Les audits sont réalisés par des organismes de certification indépendants accrédités par GOTS.
Limite à connaître : GOTS s’applique aux fibres naturelles. Il ne couvre pas les fibres synthétiques recyclées. Un vêtement en polyester recyclé ne peut pas être labellisé GOTS, même si la production sociale est irréprochable.
Oeko-Tex Standard 100 certifie que le vêtement ne contient pas de substances chimiques nocives au-dessus des seuils autorisés. Tests sur les colorants, les métaux lourds, les pesticides, les formaldéhydes. Un vêtement labellisé Oeko-Tex Standard 100 est sûr à porter pour la santé.
Oeko-Tex ne certifie pas que la fibre est biologique. Un vêtement en coton conventionnel, cultivé avec des pesticides, peut obtenir le label Oeko-Tex Standard 100 si les résidus de pesticides dans le tissu fini sont en dessous des seuils. Le processus de culture reste non certifié. Pour les vêtements destinés aux enfants, Oeko-Tex est un label utile pour écarter les risques de toxicité cutanée. Pour l’impact environnemental global de la production, il ne dit rien.
GRS, Global Recycled Standard, certifie qu’un pourcentage défini de matières recyclées est bien intégré au produit. Polyester recyclé à partir de bouteilles plastiques, laine recyclée à partir de vêtements usagés, coton recyclé à partir de chutes de production. Le label garantit la traçabilité de la matière recyclée et l’intégrité de la chaîne de custody.
GRS ne certifie pas les conditions de travail. Un vêtement en polyester recyclé peut être labellisé GRS et fabriqué dans un atelier qui ne respecte aucune convention sociale. Pour associer fibre recyclée et garantie sociale, il faut chercher des marques qui combinent GRS avec un autre label ou qui documentent elles-mêmes leurs conditions de production.
L‘écolabel européen (la fleur verte) s’applique à de nombreuses catégories de produits, dont les textiles. Pour les vêtements, il impose des critères environnementaux sur l’ensemble du processus de production : utilisation d’eau, rejet de substances dangereuses, consommation d’énergie. Il est moins strict que GOTS sur l’origine biologique des fibres, mais plus large sur les critères de processus industriel. C’est un label géré par la Commission européenne, ce qui lui confère une légitimité institutionnelle.
Les labels Fair Trade et Max Havelaar se concentrent sur la dimension sociale et économique : prix d’achat équitable aux producteurs, primes de développement communautaire, interdiction du travail des enfants. Ils certifient que les agriculteurs et les ouvriers en amont de la chaîne reçoivent une rémunération juste.
Ces labels ne certifient pas nécessairement la dimension environnementale. Un coton labellisé Fair Trade peut être cultivé avec des pesticides conventionnels. Pour une garantie à la fois sociale et environnementale, la combinaison Fair Trade et GOTS, ou Fair Trade et Oeko-Tex selon les priorités, donne une image plus complète.
Les labels coûtent de l’argent aux marques. Frais d’audit, frais de certification annuels, frais d’utilisation du logo. Une petite marque qui fabrique 500 pièces par saison aura du mal à absorber ces coûts, même si ses pratiques sont irréprochables. Une grande enseigne avec des volumes importants les amortit facilement.
Par ailleurs, un label n’a de valeur que si les consommateurs le reconnaissent. Une marque qui obtient une certification peu connue investit autant que les autres pour les audits, mais sans retour commercial. C’est pourquoi certaines marques choisissent de documenter et publier leurs pratiques de façon transparente plutôt que de passer par un label officiel, en espérant que leurs clients feront la démarche de lire. Ce n’est pas équivalent à une certification tierce, mais ça vaut mieux qu’un logo non certifié apposé sans contrôle.
Max Havelaar France publie un guide des labels équitables. Good On You, une plateforme australienne disponible en anglais, note les marques sur leur impact environnemental, social et sur le bien-être animal. L’application Scan4Good permet de scanner un vêtement en magasin pour accéder à une évaluation de la marque. Ces outils ne remplacent pas la lecture directe du cahier des charges d’un label, mais ils donnent un point d’entrée rapide quand on veut vérifier sans passer une heure à chercher.