Femme endormie dans un lit sombre, couette remontée, lumière tamisée

Mes astuces pour trouver le sommeil plus vite !

Avant je pensais que mal dormir faisait partie de mon fonctionnement. Que j’étais une « petite dormeuse », que les pensées du soir étaient une fatalité, qu’une heure à fixer le plafond avant de m’endormir, c’était normal.

Mais j’ai fini par comprendre que la plupart de mes habitudes envoyaient exactement les mauvais signaux à mon cerveau.

Ce que je vais décrire ici, ce ne sont pas les conseils qu’on lit partout. Pas « éteignez les écrans », pas « buvez une tisane ». Des choses moins évidentes, certaines franchement contre-intuitives, que j’ai testées une par une. Certaines n’ont rien changé pour moi. Celles qui suivent ici, si.

Arrêter d’essayer de dormir

C’est probablement l’astuce la plus efficace que j’aie jamais testée et la plus difficile à accepter au départ.

Le principe s’appelle l’intention paradoxale. Au lieu de se concentrer sur le fait de s’endormir, on essaie activement de rester éveillé. On s’allonge dans le noir, les yeux ouverts, sans chercher à fermer les paupières. On se dit : je vais rester éveillé le plus longtemps possible.

Ce qui se passe, c’est que l’anxiété de performance disparaît. On n’est plus en train d’échouer à s’endormir. On réussit à rester éveillé. Et sans cette pression, le cerveau se détend, et le sommeil arrive souvent en moins de dix minutes.

Des recherches en psychologie cognitive documentent cette technique depuis les années 1970. Elle fonctionne particulièrement bien pour les gens dont l’insomnie est liée au stress de ne pas dormir, c’est-à-dire la majorité d’entre nous.

Le cognitive shuffling : occuper le cerveau juste assez

Celle-là, je l’ai découverte sur Reddit et je l’utilise presque tous les soirs depuis.

On choisit un mot au hasard, assez long. Disons FENÊTRE. Puis pour chaque lettre, on imagine des objets qui commencent par cette lettre, un à la fois, en se les visualisant brièvement : F comme fourmi, flamant, feutre. E comme écharpe, escalier, éponge. N comme noisette…

L’idée vient du chercheur Luc Beaudoin, qui a observé que quand on s’endort naturellement, le cerveau produit des images sans liens logiques entre elles, des micro-rêves fragmentés. Le cognitive shuffling imite cet état. Le cerveau est occupé juste assez pour ne pas repartir dans les pensées de la journée, mais pas assez stimulé pour rester alerte.

Écrire la liste de demain avant de se coucher

La liste des choses à faire le lendemain, les trucs qui tournent en tête, les micro-tâches qu’on a peur d’oublier.

Le cerveau a tendance à maintenir actives les pensées non résolues, comme une application ouverte en arrière-plan. Écrire la liste, c’est signaler qu’elles sont enregistrées quelque part, qu’il n’a plus besoin de les garder en mémoire vive.

Une étude de l’Université Baylor a comparé deux groupes : ceux qui écrivaient leurs tâches du lendemain avant de dormir s’endormaient significativement plus vite que ceux qui notaient ce qu’ils avaient accompli dans la journée. Ce n’est pas la réflexion qui aide. C’est l’externalisation des pensées ouvertes.

Cinq minutes, un carnet posé à côté du lit. Ça change quelque chose.

La douche chaude, mais 60 à 90 minutes avant de dormir

La douche tiède avant de dormir, tout le monde en parle.

Ce qui favorise l’endormissement, c’est la chute de température corporelle, pas la chaleur en elle-même. Après une douche chaude, le corps se refroidit progressivement. Ce refroidissement envoie un signal au cerveau : c’est le moment de dormir.

Si vous prenez votre douche trop tard, juste avant de vous coucher, vous êtes encore en phase de refroidissement quand vous vous allongez, et ça peut au contraire retarder l’endormissement. Le créneau idéal se situe entre une heure et une heure et demie avant d’aller au lit.

Depuis que j’ai décalé ma douche à 21h pour un coucher à 22h30, ça marche mieux !

Des chaussettes chaudes si vous avez les pieds froids

Absurde. Et pourtant.

Des études en physiologie du sommeil ont montré que la dilatation des vaisseaux sanguins dans les pieds et les mains accélère la chute de température corporelle centrale, qui est précisément ce qui déclenche le sommeil. En réchauffant les pieds, on facilite cette vasodilatation.

Pour les gens qui ont naturellement les pieds froids au lit, ce mécanisme est ralenti. Porter des chaussettes chaudes le temps de s’endormir compense ça. Pas les garder toute la nuit si ça vous réveille, juste le temps de passer le cap.

Compter à rebours de 300 par tranches de 3

La technique du Dr Michael Breus, spécialiste américain du sommeil, et elle m’a légèrement rendue folle la première fois.

Le principe : on commence à 300, et on soustrait 3 à chaque fois. 300, 297, 294, 291… C’est assez ennuyeux pour ne pas stimuler le cerveau, et assez exigeant pour qu’il ne parte pas dans les pensées parasites. On ne peut pas à la fois calculer mentalement et s’inquiéter pour une conversation du bureau.

La plupart des gens qui testent ça ne dépassent pas 250 avant de s’endormir. Personnellement, je ne suis jamais arrivée à 200.

Le bruit rose plutôt que le bruit blanc

Bruit blanc, tout le monde connaît. Mais le bruit blanc au sens strict, toutes fréquences égales, est souvent trop agressif. Il peut même agacer sans qu’on identifie pourquoi.

Le bruit rose, c’est un bruit où les fréquences basses sont plus présentes que les hautes. Ça ressemble à la pluie sur les vitres, ou à un ventilateur lointain. Plus enveloppant, moins strident. Le bruit brun, encore plus grave, évoque le tonnerre lointain ou un fleuve.

Sur Reddit et dans les forums sur le sommeil, c’est le bruit rose qui revient le plus souvent comme préférence. Les deux se trouvent facilement sur YouTube ou Spotify.

Ne pas se brosser les dents au dernier moment

Celui-là, je ne l’aurais jamais trouvé seule.

Le menthol contenu dans la quasi-totalité des dentifrices active des récepteurs de fraîcheur dans la bouche qui envoient un signal de vigilance au cerveau. C’est le même mécanisme que quand on mâche un chewing-gum mentholé pour rester éveillé au volant. Sauf qu’on fait ça juste avant de dormir.

Certains spécialistes du sommeil recommandent de se brosser les dents au moins trente minutes avant de s’allonger. C’est un ajustement mineur qui évite de contredire le signal d’endormissement au dernier moment.

Ouvrir la fenêtre, même en hiver

La chambre trop chaude est l’un des facteurs les plus sous-estimés dans la qualité du sommeil. La température idéale pour dormir se situe entre 16 et 19 degrés. La plupart des appartements chauffés en hiver tournent à 22 ou 23.

Une chambre trop chaude fragmente le sommeil profond, parfois sans provoquer de réveil conscient. On ne sait pas pourquoi on se lève fatigué. La réponse est parfois là.

Je dors fenêtre entrouverte depuis deux ans, même en janvier, avec une couette plus chaude. Le sommeil est plus profond et mes réveils nocturnes ont diminué. Ce n’est pas agréable la première semaine. Après ça, on ne peut plus faire autrement.

Réserver le lit au sommeil uniquement

Celle-là, je la gardais pour la fin parce que c’est celle qui demande le plus d’efforts au départ et qui a eu le plus d’impact sur le long terme.

Lire au lit, scroller au lit, regarder des séries au lit, manger au lit : chacune de ces activités conditionne le cerveau à associer l’espace lit à l’éveil. Au bout de quelques semaines ou quelques mois, s’allonger dans son lit ne déclenche plus du tout l’envie de dormir. Le lit est devenu un endroit comme un autre.

Le principe vient de la thérapie cognitive comportementale pour l’insomnie, la TCC-I, qui est la méthode la plus documentée et la plus efficace pour les troubles du sommeil chroniques. L’une de ses bases s’appelle le contrôle du stimulus : on réapprend au cerveau à associer le lit au sommeil en supprimant toute autre activité dans cet espace.

Ça prend deux à trois semaines pour sentir un effet. C’est inconfortable au début, parce qu’on perd un confort auquel on est habitué. Et puis le lit redevient l’endroit où on s’endort.

Aucune de ces astuces ne fonctionne seule comme une baguette magique. Ce qui change quelque chose, c’est d’en tester une, de l’intégrer, puis d’en ajouter une autre. Pas tout en même temps.

Et en période de grosse insomnie, il ne faut pas hésiter à tester des compléments alimentaires pour le sommeil, Noctis de la marque Reboot Horizon par exemple, qui associe plantes et mélatonine.

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